#electionsmu

Les deux principaux blocs politiques: « l’Alliance de l’Avenir » v/s « l’Alliance du Coeur »

C’est parti. Les élections législatives à Maurice auront ont eu lieu le 5 mai 2010. Le Nomination Day, c’est-à-dire le jour où les candidats s’enregistreront pour ces élections, a été fixé pour le 17 avril prochain. Une campagne électorale de 35 jours qui a commencé le 1er avril dernier.

Ci-dessous, le déroulé des principaux événements en ordre chronologique

N.B Pour commenter sur un thème, tappez « @ » suivi du titre du thème pour plus de clareté dans les propos.

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Résultats :

Alliance de l’Avenir : 41 élus (+4 best losers) = 45 députés

Alliance du Cœur : 18 élus (+2 best loser) = 20 députés

Mouvement Rodriguais = 2 élus

Organisation du Peuple Rodriguais = 1 élu

Front Solidarité Mauricien : 1 élu

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Epilogue :

J’ai attendu longtemps – pratiquement 100 jours – avant de clore ce chapitre. Pour la simple raison que je voulais y voir plus clair. Dans le maelström d’arguments avancés par les uns et les autres, je ne me retrouve pas. Je l’ai déjà dit sur cet espace : je refuse l’argumentaire que Maurice a cédé au vote ethnique et que « les minorités ne peuvent rien contre la majorité réunie ».

Je reviendrai sur ce thème dans mes prochains articles DT. Pour l’instant, je m’en tiens à ce constat sommaire. Plus sur les raisons, par extrapolation, de cette défaite: Réf DT 29: L’art d’opposer.

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2 mai 2010

Pour 15% de plus

On les attendait. L’enjeu était de taille. Au début de la campagne, on disait que Navin Ramgoolam et l’Alliance de l’avenir allait vers une victoire totale : 60 – 0. Puis, au fil des jours, la polarisation ethnique a changé la donne. En menant campagne sur une note communale, les deux alliances ont su éveiller chez cette population dupe des reflexes vieux d’une quarantaine d’années. Cela a finalement marché. Résultat : pour les meetings du premier mai, soit la grande finale avant le jour des élections, on a voulu mettre le paquet.

A la clé de cette dernière offensive, les faveurs de 15% de l’électorat. Tous les politiciens savent qu’à Maurice, le taux d’abstention tourne autour de 15 à 20%. Les derniers sondages indiquant que la masse silencieuse dite « électorat flottant » oscille entre 25 à 30%. Des érudits, qui ne votent ni par passion, ni par tradition  ni toute autre raison irrationnelle. A Maurice, on ne sait pas faire campagne envers ceux-là, on ne sait pas comment les convaincre.

A la place, on mise sur la psychologie du vainqueur. C’est un fait connu que les indécis s’alignent automatiquement sur la tendance gagnante. Ils s’identifient immédiatement au parti qui va gagner et oriente son choix électoral dans ce sens. Plusieurs cas d’études politiques citent d’ailleurs ce phénomène pour expliquer la démarche de Fox News de déclarer George W. Bush gagnant devant Al Gore dans plusieurs états, alors que les chiffres démontraient la tendance inverse, pendant les élections présidentielles de 2000. On connaît tous la suite.

C’est une des raisons qui a poussé l’Alliance de l’Avenir à organiser son meeting du premier mai à Quatre-Bornes plutôt qu’à Vacoas, comme initialement annoncé. L’espace y étant plus vaste, le bloc politique misait sur une démonstration de force pour impressionner et rallier la dernière tranche de 15% de l’électorat à sa cause. De l’autre côté, l’Alliance du Cœur a misé sur la densité de sa foule dans les rues de Port-Louis. Deux stratégies différentes, deux résultats différents, mais deux verdicts similaires : les leaders des deux blocs respectifs ont estimé leur foules à 50 000 personnes chacun.

La presse n’a toutefois pas voulu se mouiller, vu l’enjeu de l’événement. Sauf l’express dimanche qui a annoncé les chiffres de 18 000 à 20 000 pour l’Alliance du Cœur, contre 30 000 à 32 000 pour l’Alliance de l’Avenir. Bizarrement, ces chiffres n’ont pas fait l’objet de contestation à ce jour. Un silence qui rajoute à la situation déjà confuse. Malgré la bonne performance de l’Alliance de l’Avenir, un épisode est venu voler la vedette aux estimations de foules : l’affaire du micro.

A J-3, les 15% n’ont toujours pas fait un choix.

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27 avril 2010

L’écran de fumée

On en demandait, on a été servi. A deux jours près, les deux principaux partis ont officiellement lancé leurs manifestes électoraux – finalement. Un document de 35 pages intitulé Pour une autre île Maurice pour l’Alliance du Cœur, face à un document de 95 pages avec comme titre Lavenir Ensam, soit une surenchère de taille de l’Alliance de l’Avenir. Chacun propose une île Maurice meilleure que l’autre, en espérant conquérir l’électorat rationnel – celui qui ne vote pas communal ou celui qui ne cherche pas à s’accrocher au mâle alpha (voir plus bas). Mais pour ceux qui s’attendaient à des débats comme on nous fait jalouser ailleurs, il faudra repasser. Car on s’est lourdement leurré.

La première réaction a eu lieu lors d’un meeting à Flacq lundi soir, lorsque le chef du parti d’opposition, Paul Bérenger, a fait l’éloge du logiciel Photoshop en ces termes :

Savez-vous que ce sont des compétences d’une firme française qui ont été sollicitées concernant la photo de la couverture du programme de l’Alliance de l’avenir ? C’est à croire que ce travail n’aurait pas pu être fait par des Mauriciens. Le paysage se trouvant à l’arrière plan n’est pas un paysage de Maurice, mais de Normandie. Je suis sûr que trois vaches ont dû être enlevées du paysage.

La réplique de l’Alliance de l’avenir ne s’est pas fait attendre. Le lendemain, on a chargé un préposé de rétorquer en ces termes :

Vous-savez-qui se plaint lorsque certains le traitent de colon. Mais vous voyez sa mentalité ? Vous-savez-qui n’arrive même pas à concevoir que de tels talents existent à Maurice. Nous voulons assurer la population que le manifeste de l’Alliance de l’Avenir a été conçu et fait à 100% par les Mauriciens, que ce soit le fond et la forme.

L’altitude des débats est à donner le vertige.

Pourtant, après une lecture des manifestes électoraux, on se rend vite compte que cela n’aurait pas pu être autrement : les deux blocs politiques proposent quasiment le même programme électoral – à quelques idées près. Hormis quelques nuances dans le mode de distribution de richesse démocratique ça et là, on a le choix entre les mêmes orientations économiques, les mêmes réformes éducatives et fiscales et les mêmes promesses de changement législatif et constitutionnel. Des propositions, certes intéressantes, mais dont la viabilité est douteuse. Surtout concernant les mesures qui requièrent une majorité de trois-quarts à l’assemblée nationale pour ête validées.

Ainsi, les deux blocs n’auraient pas pu faire autrement, « les cinq chantiers du prochain gouvernement » étaient connus d’avance. Etant tous deux centristes, ils n’auraient pas pu réinventer la roue. Est-ce à dire qu’ils insultent l’intelligence de l’électorat rationnel, celui-là même dont on courtise les faveurs en ce moment? (voir Une mélodie en 7 temps) ? Pas totalement. Les débats ont lieu dans des cercles restreints, à l’abri des regards indiscrets. Pendant ce temps, les états majors des deux blocs politiques ont, eux, le regard rivé ailleurs, soit sur la dernière grande démonstration de force qui influencera de façon définitive les 30% d’indécis – ou l’électorat flottant: les grands meetings du 1er mai.

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25 avril 2010

La boîte de Pandore

«Maurice est un des meilleurs élèves d’Afrique » m’a finalement dit un collègue l’autre jour. Ce fut la conclusion d’une discussion sur le rôle de la Mauritius Broadcasting Authority (MBC) à l’origine des accusations du parti d’opposition sur la politique propagandiste de la station nationale de télévision. Car depuis quelques temps, Dan Callikan, le directeur général de la MBC, pousse à bout la notion de l’appareil idéologique de l’état en utilisant la station nationale de télévision comme un agent actif de la campagne électorale du gouvernement.

Jeudi dernier, Paul Bérenger a tenu une conférence de presse pour condamner les incohérences dans la retransmission des sujets politiques au journal télévisé. Il a notamment accusé la station nationale de truquer les images (flouter les candidats du MMM ou alors altérer la couleur mauve en bleu marine) ou encore d’agencer les reportages pour que l’Alliance de l’Avenir puisse répondre à chacune des critiques énoncées par le MMM. Les épisodes par la suite ont illustré ses accusations (Edit: ici et ici). Paul Bérenger menace d’avertir les instances du Commonwealth et de la Francophonie.

On aurait pu croire que la notion de « Free & Fair Elections » serait entachée comme le clame Paul Bérenger. D’autant plus que les observateurs de la Southern African Development Community sont déjà à Maurice et observeront le déroulement des élections législatives. Mais voilà, le rôle de la télévision nationale et la manipulation des nouvelles ne constituent en aucun cas des infractions selon le SADC Principles and Guidelines Governing Democratic Elections, qui ne mentionne pas l’aspect de la couverture médiatique, hormis la brève mention de « Equal opportunity for all political parties to access the state media ». Les observateurs de la SADC auront beau chercher, ils ne trouveront rien à redire dans les émissions politiques de la MBC, car les subtilités propagandistes de Dan Callikan demeurent dans la légalité protocolaire.

L’Electoral Supervisory Commission a beau avoir été averti par le parti d’opposition sur les agissement de la MBC, mais l’instance ne pourra que noter cette plainte dans son rapport. Un rapport qui se conjugue malheureusement avec d’autres, comme celui de la SADC concernant les élections législatives de 2005. Ce document ne manque pas d’éloges envers la population et les institutions mauriciennes sur la tenue d’élections « Free & Fair ». Et ça, Dan Callikan le sait. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre l’a stratégiquement placé à ce poste en premier lieu.

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20 avril 2010

Une mélodie en 7 temps

A J-15, où sont les manifestes électoraux? A mesure que la campagne se dessine, on comprend mieux le pourquoi du comment. C’est là l’avantage d’assister à une courte campagne électorale, où la machinerie tarde à démarrer, mais devient transparente quand elle est en marche. A mi-chemin de la campagne, le message des politiciens reste sur un axe uniquement. Un message à une tranche ciblée de l’électorat. En prenant uniquement l’essence du discours, on arrive à extrapoler sur la tranche ciblée de la population. Et ainsi établir un ordre temporel des priorités des politiciens, en fonction des messages qu’ils colportent.

Analyse des cibles du discours politique par tranche de l’électorat

D’emblée, on voit clairement se dessiner deux blocs distincts : la période pré-manifeste électoral (t1 à t5) et la période post-manifeste électorale (t5 à t7). C’est un point déterminant pour analyser le discours politique à Maurice. Alors qu’ailleurs les élections se remportent et se perdent sur les points programmatiques, à Maurice on se rend compte que ce point n’est que secondaire. La raison est directement liée à l’attitude politique de la population.

Si les partis politiques n’ont pas dévoilé leur manifeste électoral jusqu’à présent, c’est qu’ils sont occupés à motiver l’électorat irrationnel. On ne parle pas d’idées, mais de messages démagogiques et de coups bas : « les apparatchiks » (membres des instances des partis) et les « supporteurs » (ceux qui ont une affinité irrationnelle mais instable envers certains partis) n’ont que faire des arguments rationnels et logiques. Ils sont déjà convaincus et ils sont majoritaires. Ils ne demandent que l’on fouette leur fanatisme. Souvent par des promesses d’avantages personnels.

Ensuite, le second bloc consiste de l’électorat dit « flottant ». De manière sommaire, on aurait pu le fragmenter en deux catégories distinctes : « les indécis » et les « électeurs rationnels ». Jusqu’à l’heure, les partis politiques n’ont pas jugé utile de s’adresser à eux encore. On s’assure d’abord des acquis, ensuite on cherchera ailleurs. Ces derniers attendent les propositions de chaque parti. Mais si « les indécis » se laisseront facilement convaincre par des effets d’annonce (rétablissement des subsides pour la SC et la HSC, élimination des taxes quelconques), les « électeurs rationnels », eux, s’attendent à la présentation d’une vision plus globale sur le long terme.

Malheureusement, ceux-là devront probablement attendre jusqu’à une semaine avant les suffrages pour assister à ce genre d’argumentaire. Car ils en pèsent pas lourds sur la balance électorale : ils sont une infime minorité, dont les votes individuels comptent autant que les votes des électeurs irrationnels. Quelques cinquantaines de votes supplémentaires ou en moins sur environ 15 000 possibles en moyenne. A travers cette analyse, on arrive ainsi à mieux comprendre pourquoi les politiciens se démènent à opérer dans la politicaillerie.

Ce qui nous ramène à l’adage dont l’essence a motivé tous les articles sur cet espace : « nous n’avons que la classe politique que nous méritons ».

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17 avril 2010

Le mâle alpha

Le mâle dominant ou mâle alpha est l’individu d’un groupe d’animaux que les autres membres suivent, auxquels ils obéissent ou se soumettent. Chez certains animaux, le mâle dominant a l’exclusivité des femelles. Le mâle dominant peut avoir des prérogatives fortement ritualisées telles que le droit de prendre la tête d’une procession. Chez des animaux très évolués tels que  l’Homme, le mâle dominant ne doit pas toujours son statut à sa seule force physique mais aussi à des méthodes indirectes telles que l’habileté à constituer des alliances politiques.

Wikipédia

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15 avril 2010

Amene to bloc! – Kifer? – Nek amener toi!*

*Tiré de l’expression « Amen to bloc » en créole, qui signifie « Vote les trois candidats du parti ».

A deux jour du Nomination Day, soit le jour où les candidats respectifs s’enregistrent pour les élections, l’Alliance de l’Avenir n’a toujours pas finalisé sa liste de candidats. En partie. Car les candidats du PMSD et le MSM sont déjà à pied d’œuvre sur le terrain. Le grain de sable se situe au niveau du Parti Travailliste, où seul le leader décide. Et Navin Ramgoolam n’a toujours pas annoncé sa décision. Mais tous s’accordent à dire qu’il aurait déjà fait son choix. Et tous s’accordent aussi à dire que l’Alliance de l’Avenir part favorite pour les prochaines élections. Même si on ne sait pas encore qui sera candidat du côté des rouges.

C’est une vérité connue à Maurice que des élections législatives coûtent en moyenne Rs 7 millions par circonscription. Soit un peu plus de Rs 2 millions par candidat. Si les partis politiques peuvent compter sur le financement de sources « occultes » – souvent des entreprises privées qui accordent leur soutien à un parti en espérant avoir bien misé pour profiter de la conjoncture économique pendant les cinq prochaines années – les candidats sont souvent appelés à y injecter « leur contribution personnelle ». A la hauteur d’un million minimum.

Deux semaines après l’annonce de la campagne électorale, ils sont une poignée dans chaque circonscription à « apporter leur contribution personnelle ». On espère acheter littéralement sa candidature auprès du leader. Je l’ai déjà dit sur ce même espace : à Maurice la politique ne se fait ni sur une base de compétences, ni sur une base de méritocratie. Encore moins sur un programme électoral avec des propositions qui parlent à la population. De toute façon, on ne vote pas les gens, on vote les partis, les symboles iconographiques, les couleurs.

On se souviendra que lors des dernières élections, les manifestes électoraux des deux partis n’ont été rendus publics qu’à deux semaines du scrutin. Il devrait en être ainsi cette année aussi, surtout face à la courte durée de la présente campagne. Mais d’emblée, les quelques bribes d’informations qui ont filtrées dans la presse expliquent pourquoi cela n’intéresse pas la population : les politiciens insultent notre intelligence avec leur demi-mesures. A la place de points argumentés, on nous lance « l’Alliance Subutex » ou « l’Alliance Comique », ou on s’affronte sur une parodie de mauvais goût de « 3 idiots » (ici et ici) ou pire encore, à l’instar de cette déclaration de Paul Bérenger, un non-sens indigne de la classe politique qui aspire au pouvoir :

« Que seraient Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam et Xavier Duval si leurs père n’existaient pas ? »

Une perle dans une longue liste qui afflige plus qu’elle ne motive.

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13 avril 2010

Chassez le naturel…

Un fait, deux récits. Un incident éclate lors du meeting de l’Alliance de l’Avenir à Flacq hier. Une bousculade s’ensuit, la police intervient pour calmer les esprits, les politiciens sur la scène s’énervent et rappellent à l’ordre. Lorsque le leader Navin Ramgoolam arrive, on le met au courant et il réagit par un « ah bon! ». Il connaît les protagonistes. Dans une telle situation, la population attend que la presse apporte une lumière sur les événements pour qu’elle puisse en faire un jugement. Voici à quoi elle a droit le lendemain:

Ils sont nombreux à penser que ce sont les agents de l’opposition qui jouent les trouble-fêtes. (…) Il ressort que que l’altercation implique un agent du Parti Travailliste – une source (…) que cet homme a été impliqué dans une agression au Parlment (Edit: L’affaire Clovis Azie) – et un autre du Mouvement Socialiste Militant (MSM).

L’express du 13 avril 2010

Les incidents ont éclaté aux alentours de 18 h au moment où Anil Bachoo prenait la parole.  Il se vantait de ses réalisations au No 9 (Flacq/Bon Accueil) quand Ashraf Ramdin, un agent du PMSD et proche de Rama Valayden, est monté sur une chaise pour le critiquer. Rosario Draboucan, ancien garde du corps d’Anil Bachoo, s’est également mis de la partie pour défier son ex-patron.

Le Défi-Plus

A un moment où la confusion de la situation politique ambiante fait que l’électorat flottant n’arrive pas à formuler un jugement mûr à 3 semaines du scrutin, l’institution qui est sensée l’éclairer dans son choix s’emmêle les pinceaux. Loin de moi l’intention d’égratigner mes collègues des deux rédactions respectives, je donne aux deux le bénéfice du doute, car aucun membre de l’Alliance de l’Avenir n’a souhaité commenter cet épisode embarrassant. La quête de l’information n’est pas toujours simple en période de campagne.

Mais il convient de le dire: coïncidence ou pas, les versions suivent bizarrement la ligne éditoriale et l’agenda politique – non assumée publiquement – de chacune de ces publications… Chassez le naturel, et il revient au gallop.

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12 avril 2010

Et la femme devient une ethnie

Dans mon dernier article DT, j’effleure la question de relation entre les partis politiques et les groupes ethniques à Maurice. Ici, on ne parle pas méritocratie ou compétences. On demande uniquement de voter pour un candidat de la même origine ethnique que soi.  Si leur motivation devait se résumer à une phrase, celle-ci serait : « Les candidats doivent refléter les proportions ethniques et les intérêts de notre groupe ».

Dans la présente campagne, ces associations se sont faites discrètes dans un premier temps. On attend, on se tâte. La raison, tout le monde la connaît, mais personne n’en parle ouvertement. On estime que l’Alliance de l’Avenir a réuni la population hindoue à Maurice. La population « majoritaire » est satisfaite: elle n’a pas de revendication spécifique.

Les « minorités » se sont toutefois réveillées. L’arrivée de Jocelyn Grégoire, président de la Fédération Créole Mauricien (FCM) vendredi dernier était attendue avec impatience par une partie de la population. S’il n’a pas donné de consigne de vote, en attendant des ateliers de travail avec ses lieutenants, il n’a pas manqué d’égratigner le Premier ministre sur « les promesses non tenues » avant de rajouter que « ces alliances vont à l’encontre le rêve de construire l’unité nationale ».

Ailleurs, la Gahlot Rajput Maha Sabha a publiquement critiqué l’alliance MMM/UN/MMSD, mardi dernier, pour ne pas avoir aligné de candidats rajputs dans les circonscriptions no. 5, 6 et 7. L’argument est sommaire : les performances de leurs poulains Devanand Ritoo et Indranee Seebun justifient leur demande de des candidats rajput en face. En gros, on se sent exclu et délaissé.

Dans cette confusion la plus totale entre « majorité » et « minorité », une autre « ethnie » c’est toutefois manifestée : celle des femmes. Maurice est signataire d’une convention de la SADC (SADC Declaration on Gender and Development) qui fait état d’une proportion de 30% de representation féminine au sein du Parlement mauricien depuis 1997. Ce délai est arrivé à expiration en 2005. Women in Networking s’illustre actuellement en faisant pression pour que cette condition soit respectée.

Mais la boucle semble être bouclée. Le discours n’est nullement différent des autres ethnies. Elles parlent de quota – une candidate par circonscription. Point barre. Elles ne parlent pas méritocratie ou compétences. Et la femme devient une ethnie.

Mise à jour (samedi 17 avril 2009):

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10 avril 2010

Les Alters se mobilisent

Le combat de la Platform pu enn nuvo Konstitisyon: Sitwayennte-Egalite-Ekolozi se poursuit (lire ici). Le gouvernement a choisi d’organiser les élections législatives avant l’expiration du délai imposé par le UN Human Rights Committee (UNHRC) suite à la plainte deposé par le parti politique Rezistans ek Alternativ. Ce dernier a avisé l’instance des Nations Unies sur la tenue prochaine des élections et le risque que les droits de certains citoyens mauriciens soient bafoués pendant cet exercice en choisissant de ne pas déclarer leur appartenance ethnique.

Le combat de Rezistans ek Alternativ a pour origine l’exercice de dépôt de candidature lors des élections législatives de 2005. Les 11 membres de ce parti refusent de déclarer la communauté ethnique – hindoue, musulmane, chinoise ou population générale – à laquelle ils appartiennent, conformément au Representation of the People Act de 1968. Leur candidature est dûment invalidée.

Copie d’un Nomination Paper

La justice mauricienne avait alors jugé leur combat inadmissible selon les paramètres de la Constitution de Maurice. Mais en novembre 2009, c’est le comité des droits de l’homme des Nations Unies qui s’est prononcé sur le cas de Resistans ek Alternativ. Ce parti politique, dont le principal combat est l’éradication de la ségrégation communale dans le processus politique, remporte une première manche.

Aujourd’hui, mis en face de la tenue des prochaines élections législatives avant l’expiration du délai imposé, l’UNHRC a demandé des précisions sur la situation. La Platform pu enn nuvo Konstitisyon: Sitwayennte-Egalite-Ekolozi a réagi promptement en faisant parvenir leur documents à l’instance et de demander un ordre intérimaire.

Entre temps, la Platform pu enn nuvo Konstitisyon: Sitwayennte-Egalite-Ekolozi continue à mobiliser le maximum de citoyens à se présenter comme candidats aux prochaines élections législatives à titre indépendant. Si une masse importante de candidature est rejetée, l’attention de la communauté internationale sera inévitablement tournée vers Maurice et la ségrégation ethnique inscrite dans la Constitution du pays.

Mise à jour: Elections générales : 545 candidatures acceptées et 104 rejetées lors du Nomination Day

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9 avril 2010:

La présidence s’invite dans la mêlée

La Présidence s’est invitée dans la mêlée tel un éléphant dans un magasin de porcelaine.  Et cela n’a pas manqué de provoquer un grand bruit dès les premiers jours suivant cet interview. Il faut le préciser: la fonction du Président de la République de Maurice est régie par le chapitre IV de la Constitution de Maurice, mais aussi des règles non-écrites. Dont celle qui dit que le Président doit demeurer au dessus de la mêlée politique et ne doit pas s’y immiscer.

Une règle que Sir Aneerood Jugnauth a sciemment violée à deux reprises en une semaine. Car il incombe de le rappeler: le Président de la République n’est autre que le père de Pravind Jugnauth, le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), troisième partenaire dans l’Alliance de l’Avenir. Malgré les tendances d’Icare de Pravind Jugnauth, Sir Aneerood Jugnauth n’a jamais accepté que le cordon ombilical soit rompu entre père et fils. Il y va de l’héritage politique du MSM.

Ce qui explique la suite des événéménts. Questionné sur la nature et l’impacte qu’a eu ses propos, lors de la réception donnée en l’honneur des bénéficiaires de bourses d’Etat de la cuvée 2010, c’est un Sir Aneerood Jugnauth fidèle à sa réputation de ne pas mâcher ses mots qui a déclaré sans ménagement :

«Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Moi, je fais ce que je veux !»

Quelques jours après, une radio enregistre un discours du secrétaire général du Mouvement Socialiste Militant, Showkutally Soodhun lors d’une réunion nocturne. Emporté par la frénésie du discours public, ce dernier devait faire une révélation de taille qui a été retransmise sur les ondes de la radio le lendemain:

« Moi, je sais quel a été mon rôle dans l’accord entre Sir Aneerood Jugnauth et Navin Ramgoolam »

Résultat: Paul Bérenger, leader du 2ème bloc politique aspirant au pouvoir, demande la démission du Président de la République.

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7 avril 2010:

Exit le Bleu-Blanc-Rouge, enter l’Alliance de l’Avenir

On comprend le choix de l’appellation bleu-blanc-rouge. Une appellation phonétique familière au subconscient de la population bilingue – le drapeau français – avec un gros clin d’œil politique : formule qui s’avéra gagnante aux élections générales de 1983 et 1987. Les nostalgiques sont ravis. La nouvelle génération, elle, ne comprend pas trop de quoi on parle. Dans un premier temps, on a cru assister à une évolution de l’appellation « l’Alliance Sociale » à « l’Alliance bleu-blanc-rouge ». Mais dès les premiers instants de l’annonce de cette alliance, le discours a vite basculé vers « l’Alliance de l’Avenir ».

Une transition qui s’est faite sur quelques jours seulement. Deux théories s’offrent à nous pour l’expliquer. La première, flagrante, est la plainte déposée en cour. Le vendredi 9 avril, le leader du Parti socialiste mauricien (PSM), un certain Rohit Beedassy, a émis une injonction en Cour suprême, réclamant l’intervention des juges pour interdire à l’alliance PTr/MSM/PMSD d’utiliser l’emblème bleu/blanc/rouge.

La raison de cette démarche : le PSM utilise déjà le blanc comme couleur de son identité politique. Le juge Bushan Domah, siégeant en Cour suprême, a rejeté l’injonction du PSM. Car lors de l’enregistrement des partis politiques auprès de l’Electoral Supervisory Commission, seul le symbole du parti importe, et non pas la couleur du parti. Celle-ci, une identité visuelle proche du marketing commerciale, ressort de la mobilisation externe au processus électoral.

La deuxième théorie qui explique cette transition est la dimension « dynastique » d’une telle appellation politique. L’alliance bleu-blanc-rouge des années 1983 et 1987 était un triumvirat de Sir Seewoosagur Ramgoolam, Sir Gaetan Duval et Sir Aneerood Jugnauth. Un peu plus de vingt ans après, la nouvelle configuration est celle-ci : Navin Ramgoolam, Xavier-Luc Duval et Pravind Jugnauth. Tous trois fils de l’ancienne génération. L’opposition n’a pas manqué de soulever ce point et d’en faire un argument de campagne.

Edit: Les formules de mauvais goût sont légions dans la politique à Maurice, encore plus en période électorale. « l’Alliance de l’Avenir » a vite été rebaptisée « l’Alliance Subutex » par ses adversaires. Et comme dans une cour de récré à l’école maternelle, « l’Alliance de l’Avenir » n’a rien trouvé de mieux que de rétorquer en traitant l’Alliance MMM/UN/MMSD d’alliance « ti komik ». Pris à son propre jeu, le MMM s’est alors investi dans une campagne de rebranding express, se dotant de l’identité « Alliance du Coeur » spécialement pour l’occasion. Le ridicule ne tue pas. Heureusement.

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2 avril 2010:

L’affaire Rama Sithanen

L’alliance Bleu-Blanc-Rouge s’offre son premier sacrifice sur l’autel de la conquête du pouvoir: Rama Sithanen, vice-premier ministre et ministre des Finance du gouvernement de Navin Ramgoolam.

Au moment où ce dernier annonçait la date des élections législatives et officialisait l’alliance avec le MSM, Rama Sithanen rentrait d’une mission de l’étranger. Un coup de poignard dans le dos, pour certains. Car ce n’est un secret pour personne: le leader du MSM, Pravind Jugnauth, ne tient pas en odeur de sainteté Rama Sithanen, lui-même ancien cadre du MSM, avant de rejoindre le Parti Travailliste en 2000. Pravind Jugnauth estime que le poste de ministre des Finances lui revient et aurait forcé Navin Ramgoolam à faire un choix.

La suite, comme le résume Rabin Bhujun, rédacteur en chef de l’express dimanche:

Navin Ramgoolam s’apprête à sacrifier Rama Sithanen pour des raisons politiciennes.  Depuis dimanche, le Premier ministre a peut-être même trouvé de nouvelles justifications pour se séparer du principal architecte de son bilan économique. Ainsi va la vie (politique).


A suivre: Le dénouement de l’affaire

Samedi, 17 avril 2010: Le ministre des Finances sortant, Rama Sithanen, n’a pas obtenu l’investiture du PTr pour briguer les suffrages aux législatives du 5 mai sous la bannière de l’alliance PTr-PMSD-MSM. Lors d’une apparition publique, il estime avoir été trahi. De son côté, le Premier ministre Navin Ramgoolam a trouvé les mots justes: « Sithanen reste un ami. Mais là je suis en campagne électorale ».
Mercredi, 21 avril 2010: Désaveu public de Rama Sithanen par son Premier ministre et ami, Navin Ramgoolam. Sans citer le nom de Rama Sithanen, il déclare lors du meeting de l’Alliance de l’Avenir à Vacoas que « le plus défenseur du secteur privé ne fera plus partie du gouvernement ». Selon le site du Défi Plus, il a tenu ces « propos voilés » pour laisser entendre qu’il a toujours œuvré pour le « petit peuple » et que le plus « grand défenseur du secteur privé » ne fera plus partie du prochain gouvernement en cas de victoire de l’Alliance de l’Avenir aux législatives du 5 mai.

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31 mars 2010:

Coup d’envoi

Le Premier ministre annonce les dates des prochaines élections. Dans la foulée, une demi-heure après, c’est en tant que leader du Parti Travailliste qu’il annonce et officialise l’alliance historique Bleu-Blanc-Rouge (PMSD/MSM/PTr). Ils seront donc deux blocs politiques principaux à briguer les suffrages et aspirer au pouvoir dans une trentaine de jours.

Dès lors, les débats ont pris une tournure ethnique, donnant le ton de ce qui va suivre. Pendant un moment, ces considérations ethniques m’ont ramené à la fin des années 80/début des années 90, lors du démantèlement de l’ex-Yougoslavie… La suite dans l’article Réf DT 27: Les couleurs primaires.

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39 Responses to “#electionsmu”

  1. 1 Manju

    i dont really have anything intelligent to say, so just hi 🙂

    • 2 Stephen

      Probably the most intelligent comment on this site 😉

      «Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Moi, je fais ce que je veux !»

      Amazing how this line captures so much of the reason that Mauritian society faces the issues that it does today.

      • lolll hi stephen!! 🙂

        the thing is, i really dont have any intelligent opinion about what i find is a debate of ethnicity vs meritocracy because i cannot seem to pick a side. i find it all to be something of an oxymoron.

        In the mauritian context, simply because of our society’s ethnic stratification i feel that both systems have their merits, and we cant solely rely on one doctrine.

        currently, we are ideally striving to be democratic and egalitarian by giving representation to all the different ethnic groups and genders.
        This is good because we are trying to combat discrimination. but trying to combat discrimination by practicing a form of ‘positive discrimination’ is inherently wrong because even if ‘positive’, it is still discrimination.

        On the other hand, meritocratic systems are inherently elitist, not egalitarian. if we really consider our society rationally, a purely elitist system will also cause discrimination, and consequently, rifts in the population.

        so i feel that we’re stuck at an oxymoron. what i think is that we need to find a balance. how, i don’t really know. in any case, i’m not really the most qualified person to talk given that i don’t really follow politics. i’ll leave it to you guys

      • I agree with this. I think one of the reasons why an entirely meritocratic system would probably not achieve the desired results is that the haves and the have nots are generally divided on ethnic lines in Mauritius. Those who feel alienated in society now, would feel the same in an alternative meritocratic society. While I prefer the latter, a switch to it will not solve any problems instantly.

        Hopefully, a society will exist one day where social mobility exists. One where anyone can aspire to be Prime Minister (more fool them!) or the CEO of one of the private sector company (again more fool them!).

  2. Re: L’affaire Rama Sithanen

    How can you sack your Minister of Finance and then defend your economic policies??

    All I have heard since the election date was announced is politics, who is in, who is out, who is No.2, who is No.4,…etc No programme, no manifesto, no concrete measures announced, nothing! How are people going to make their choice?

    I don’t care who is in, who is No.5, all I want to know is what they plan to do if they are elected!

    • « How can you sack your Minister of Finance and then defend your economic policies? »

      Je me pose sérieusement cette même question. Attendons voir comment tout ça va finir. J’attends avec impatience le dénouement de l’affaire Sithanen pour clore ce chapitre une fois pour toute. Ca traine trop en ce moment.

    • Some people apprehend a possibility of a change in economic policy from another Labour government in 2010. There is another possibility: the economy not being the priority of Navin anymore. (Then we ask ourselves the question: WHAT THE HELL WOULD BE HIS NEW PRIORITY?)

      The Labour Party can use the argument that Sithanen has been « anti-Hindu » during the 5 years: he introduced the NRPT, the level of savings has decreased in the past 5 years, the decreased the corporate tax level to 15% … and he was a supporter of a Labour-MMM alliance. So I do not think the Sithanen saga will have a big impact on the elections, except many for some zealous youngsters who still believe in meritocracy in Mauritius.

      Sithanen will most certainly not have a ticket for this election. Pravind Jugnauth fears a sanction vote from the Labour party sympathizers in no 8 if Sithanen is given a ticket somewhere else. There is the possibility of a tacit « mot d’ordre » to vote for Ashok Jugnauth instead of Pravind, so that he does not enter the parliament, paving the way for a return of Sithanen as Finance Minister, should he be elected in no 18 or 13 (and if BBR wins of course). This may be the main reason behind the evicition of Sithanen. A simple electoral deal between Jugnauth and Ramgoolam, an agreement to win the elections « a tout prix »! In this case, Sithanen is an obstacle between Navin and the PM seat … an easy choice between « friendship » and power …

      • On the face of it, it’s pure madness! I mean, in a different country, ‘sacking’ your Finance Minister would be electoral suicide in a period of economic unrest! Navin should simply have no answer to any attack to his govt’s economic performance, so either he humiliates himself by accepting he removed Sithanen because he was crap (consequently making it look like a move which wasn’t racially motivated) or he just accepts that he prioritises power over any kind of concern for the country’s economic health.

        Unfortunately, most voters won’t analyse this far!

        Do you think Sithanen will be offered a ticket? I would be livid if I was. It’s like we don’t need your help at the Ministry of Finance anymore, would you mind giving up your post for one of my newly-found ‘friend’ who also prioritises power over ideals like me, and we will also give you a ticket so that we can go into govt again and you could be a nobody?

      • @ L’affaire Rama Sithanen

        In case you haven`t noticed, but there was already an anti-sithanen campaign going on even before the announcement of the elections date. Ref: the Mansoor episode, Bhenick going out ( strategy, the real target was the no.2 of the BOM , I suppose Bhenick will be resuming @ the BOM) , the economist-chairman of DBM episode .

        Now 2 things went against him; 1. his ethnic »- powered protests and 2. Pravin & Rama don`t get along, so taking both of them in the boat = instability

        Sithanen is no more needed, so why waste a ticket? 😀

      • @Joyshan

        You’ve got a point. Except that in each of those previous cases, Ramgoolam stood by Sithanen and convinced him to stay because he had faith in the guy’s economic policy. Even though if in parallel he must have said the same thing to Bheenick. The PM managed to make those two cohabit, even though one had to leave at one point in time. Now we know who it is.

  3. @Yashi: « Unfortunately, most voters won’t analyse this far! »

    Spot on, I think this sums up the whole debate. No one is thinking rationally « in the interest of the country ». They just want someone they’re close to, or someone who paid for some restaurant bills or maintained the lane in front of their house back in office. The other side of the the « familiarity breeds contempt » coin.

    @Blebon

    Nice analysis. I’m not getting swayed into this saga, unlike the dailies in Mauritius. I believe Ramgoolam is waiting for Sithanen to step down to spare him the « leader ingrat et dictateur » tag, and Sithanen doesn’t want to give in and wants to go out as a « martyr of meritocracy ». Stalemate so far. One must give way with 5 days left before the nomination day.

    • 12 Stephen

      « They just want someone they’re close to, or someone who paid for some restaurant bills or maintained the lane in front of their house back in office. »

      Do people think of the greater good when voting or what is in their personal interests? I think we all agree it is the latter, I would certainly vote for the candidate who can get my road surfaced after having waited for a good few years. The individual choice function is up to the individual to decide on, so if someone wants to vote for candidates based on caste, that is his prerogative (I should add that I oppose this personally). It’s the social welfare function or election mechanism that is the problem.

      A quick look on Facebook will reveal comments such as « 60-0 » on both sides. This is terrible for democracy, imagine 40% or so of the voting population having little representation in parliament. The system needs to be changed to reflect the nature of Mauritian voting.

  4. Re: Chassez le naturel

    Kifer bann journalists/reporters ki lor terrain pas filmer bann incidents la lor zot portable. Apres capav analyse bann zimage la ek fair moins erreur kan raporte evenment la! Enfin, simple suggestion … (a moins que la brigade d’intervention de la VoH ne vienne detruire le portable et bousculer le filmeur :p)

    • Y a un peu de ça… Dans des lieux pareils, le premier réflexe n’est pas d’exposer nos accessoires personnels. Car ce n’est pas dit qu’on nous rembourse l’équivalent pour une telle prise de risque. Les entreprises de presse sont malheureusement toujours dirigées par des personnes de l’ancienne génération qui ne réalisent pas pleinement l’apport de tels équipements. Ou peut-être si, mais ils feignent l’ignorance pour les politiques de « cost-cutting ». J’ai personnellement eu des soucis avec mon matériel personnel et je n’ai jamais eu droit à un geste de compensation. Ca calme, je dois dire.

  5. Re: Amene to bloc! – Kifer? – Nek amener toi!*

    I am not a big fan of ‘vote bloc’, the only time you could ‘vote bloc’ is when massive restructuring and changes need to be made or big decisions need to be taken. A weak majority will find it hard to make big changes.

    But then the very premise of ‘vote bloc’ is to vote for the party and the symbol rather than for the candidate. Because the party could put 3 monkeys up for election and they would get in. Mind you, they do do that!

    Concerning Raymond’s assertion about Chandra, Luc and Pravind being everything they are today purely thanks to their surname, I think it’s fairly accurate. I am sure they have worked hard too, probably. But I remember at the last election, there seemed to be a few offsprings of past political figures, like Seeneevassen’s daughter in my cons. No.8. Was there Shakeel Ahmed as well? I don’t remember his name, think his dad is a prominent lawyer and ex-MP. Anyway, the next generation used to study in the same year as me in university. They weren’t much into politics then, but they looked like they were the leaders of tomorrow. And believe me, you wouldn’t want these people leading our country. 1-2 of them are fine, but the majority have no personality or work ethic. They just have money and the name. Unfortunately, that’s all that’s needed these days.

    • « Que seraient Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam et Xavier Duval si leurs père n’existaient pas ? »

      Actually, I get his point, but was referring to his formulation here. Obviously those three wouldn’t have been born if their fathers didn’t exist…

  6. Re: Une mélodie en 7 temps

    You are spot on! As long as voters do not push political parties to publish manifestos earlier than they normally do, political parties will continue with their current format of electoral campaigns. At the moment, the vast majority are basically cheerleaders who, like you have said, have made up their mind a long time ago and are not ready to consider a different direction. This brings me to another issue which I have with Mauritian politics: politicians are not held to account often enough or pestered enough. The population needs to demand answers from the politicians when required. The media are the only people who can get access to politicians, but even then, I am guessing it’s not always easy. One problem which arises is that, as a result of media (especially privately owned, MBC is a shithouse) doing their job of keeping an eye on political events, people start associating newspapers and radio stations to specific parties and start labelling them as for or against the current govt. This is fair enough in the sense that there is no law (I think) which says media can’t be biased, even though our judgement of the media’s bias is itself biased most of the time! The main problem is when people stop reading those papers which they associate with rival parties. People stop giving a chance to the criticism of their choice. Voters are then unable to have a rational preference for a political party because they just shut out opposing views. Until the majority of voters are conscious of the need for rational choices and start looking at both sides of the coin, I am afraid we will continue to have elections where people are more preoccupied with which politician insults or stokes the fires better than the actual programmes of the parties.

  7. @Une mélodie en 7 temps

    Enfin, rien d’étonnant. le peuple admirable de Maurice a voté les Ramgoolams, Jugnauths, Duvals et Bérenger malgré leur tract record communal et d’idioties. L’electeur intelligent est trop minoritaire pour être pris en compte … minoritaire comme les partisanes de WIP/WIN dont l’appel de voter bloc pour les femmes sera un flop total.

    • @ Bruno

      I hear you. Et je me permets aussi de répondre à ton tweet sur le fait que ce blog n’attire pas de commentaires. C’est vrai que j’opère dans un secteur « niche » de la blogosphère mauricienne.
      Malheureusement, les gens qui pourraient débattre sur les thèmes que j’aborde le font ailleurs, dans d’autres forums. Ils ne vont pas alimenter les débats ici. Malheureusement aussi, les gens qui débattent d’habitude sur les blogs se trouvent être des partisans politiques dont les idées ne dépassent pas souvent la notion de l’irrationnel.
      On parle du passé, on détourne les bilans, on fait voir ce qu’on veut. Ce genre de débat non plus n’a pas sa place ici. Résultat, je me vois comme la voix d’une minorité.
      Mais j’estime que voir la politique avec cet oeil critique devrait être l’attitude de tous. Peut-être assisterons nous à ce moment à un réel changement? Parce que franchement, quand je vois les « jeunes » épouser la même attitude et émuler les « ainées » sur les wall du Parti Travailliste et du MMM sur leur pages Facebook respectives, je ne peux qu’avoir peur pour mon pays.

      • Don’t worry, mon blog aussi n’attire pas de commentaires. Je pense que le Mauricien a été groomed pour ne pas réfléchir et lire des blogs intelligents est un effort sur-humain qu’on ne peut pas leur demander.

        Concernant « je vois les « jeunes » épouser la même attitude et émuler les « ainées » sur les wall du Parti Travailliste et du MMM sur leur pages Facebook respectives, je ne peux qu’avoir peur pour mon pays. » Ce n’est que pour le temps de la campagne électoral. Ne croyez pas que je suis dupe et que je suis Paul aveuglement. Je vois clairement dans le jeu du MMM. Cependant, je suis convaincu que le MMM est moins pire que le PTr (surtout après le départ de Sithanen). Entre la peste (PTr) et le choléra (MMM), le MMM parait moins mauvais. C’est toujours le cas à Maurice: on ne choisit pas le meilleur, on choisit le moins pire. J’ai fait un choix pour ces élections et je le maintiendrai jusqu’au bout (le 6 mai 2010). Je recommencerai à critiquer le MMM où il faut à partir du 6, ek mo ena enn long lalist de saki mo finn trouve ek tander pendan campagn ki mo pou tire apres le 5 mai. Maintenant n’est pas le moment.

  8. @1132nd Après avoir lu votre commentaire sur le blog comstudies, je suis venu lire vos posts et je les trouve vraiment pertinents. C’est vrai que c’est dommage qu’il n’y a pas plus de commentaires mais, en meme temps, ce n’est pas évident pour pas mal de Mauriciens de sortir de Facebook 🙂

    Suite à votre proposition sur comstudies, je pense aussi qu’il serait intéressant de pouvoir combiner nos efforts en dupliquant vos posts sur http://www.elections.mu/ Envoyez moi un email (avinash@noulakaz.net) et je vous ajoute comme contributeur.

    • J’ai envoyé le mail, mais je sais pas quelle formule vous préconisez pour ce portail. Mais je mets à votre disposition mes articles.

  9. Thanks for allowing us to reproduce your text on elections.mu. See:

    http://www.elections.mu/2010/04/23/une-melodie-en-7-temps/

  10. 25 Anaka

    @ Une mélodie en 7 temps

    Je prends le débat en cours et je souhaiterais contribuer à ces points très intéressants soulevés. Je précise que je ne suis pas sur place et je vis les événements de loin, mais quotidiennement sur Internet (journaux en ligne et émissions sur les radios privées et, enfin, retours de la famille à Maurice) – comme vous, je suis coupée en deux, d’une part tétanisée par les stagnations ‘communalistes’ et la bétise de nos politiciens…. d’autre part rassurée de constater que certaines choses bougent même dans ce ‘désastre’ politique marqué par le vide de débats pertinents et le trop de verbiage- qu’une partie des mentalités, notamment celles des générations « jeunes » évoluent. Je pense, entre autres, à l’existence même de ce blog, à l’intérêt grandissant du public à « penser », je dis bien « penser » la chose politique (bizin aret gober selman)…on peut le constater à travers les commentaires laissés en ligne, les interventions pertinentes à la radio, etc, la création de mouvements comme Alternativ ek résistans, etc. Cependant, tout cela est encore à l’état embryonnaire… mais le bébé est bel et bien là et il grandit. Le temps de gestation est long, beaucoup trop long à mon goût, on pourrait faire bcp mieux. Le pays tarde à mûrir, mais l’enfant est là et va naître.. La question à poser est celle de savoir à quel point on peut ou pas accélérer sa naissance ? Et là, je condamne les dirigeants des deux blogs principaux qui, à l’évidence, jouent encore les cartes de la vieille île Maurice sectaire. Visiblement, c’est un terrain qu’ils connaissent bien et sur lequel des milliers de Mauriciens bâtissent encore leur quotidien et le drame de la chose politique qui consiste à s’accaparer le pouvoir semble, dès lors, autoriser les politiciens à jouer avec ces vieilles cartes pourries. La fin justifie les moyens…
    Si possible, je souhaiterais réagir sur la phrase « nous n’avons que la classe politique que nous méritons ». C’est un constat dur, que je fais également mais je me je me demande si on n’est pas un peu trop sévère…il y a encore quelques années ces débats étaient quasi-absents, etc…. bref, pour faire court, il y a certes un pan entier de la population qui me désespère mortellement: ces die hards et autres moutons qui suivent (et qui seront bien tondus après).., ces « irrationnels » dont le fanatisme ne demande qu’à être fouetté comme tu le dis superbement bien. Mais, compte tenu l’histoire de notre île, nous avançons plutôt bien dans la longue et difficile marche vers une vraie démocratie…certes, à trop dormir sur nos lauriers on va reculer et à trop traîner les pieds on s’enlise… mais je ne pense pas que cela arrivera…car ce « lectorat rationnel » va se consolider graduellement…nos générations et les plus jeunes veulent définitivement (pour une bonne partie) voir certaines choses bouger vite…mais je crois qu’il y a une partie de l’histoire qui ne peut se faire et s’écrire qu’avec le temps, qu’avec le renouvellement des générations adultes – c’est une question d’ouverture, de métissage, d’éducation, de culture… bref, un monde que les générations de nos parents et grands parents n’ont pas connu.. j’ai mille choses à dire, mais voilà en gros..ce débat est très passionnant car l’enjeu est énorme.. Merci pour le temps passé à créer ces espaces mauriciens actifs et rationnels 🙂 j’espère que d’autres pers. se joindront à ces conversations car c’est précisément ce qui manque à Maurice, ce saut actif dans l’espace public, dans le débat politique…le Mauricien aime trop rester chez lui et il contente de regarder…manz pistas ket cinéma..

    • Merci pour cette longue (très longue!) analyse qui regroupe un peu tout ce qui a été dit sur cet espace. Je me souscris à ton point de vue sur le fait que je suis probablement un peu sévère à l’égard de la population et de la classe politique. C’est vrai, nous sommes une jeune démocratie et les séquelles du passé (élections 1967, bagarre raciale, émeutes 1999) sont toujours présentes dans le psyché du Mauricien lambda et de voir de petites améliorations est certes encourageant.

      Toutefois, je me dis aussi que c’est pas une raison de ne pas voir comment cela aurait pu être encore mieux. Au-delà de ces articles, cette présente campagne se fait toujours sur des arguments communalistes (ne votez pas un « blanc » v/s nous avons assez d’un Premier Ministre « hindou ») entre autres. Je n’ai pas cru bon de relever ces commentaires et d’en faire une mise à jour ici, ce genre de langage se disqualifie automatiquement aussitôt qu’il est prononcé et n’a pas sa place ici. Et ne devrait pas avoir sa place dans le paysage démocratique mauricien.

      Malheureusement, je me rends compte qu’il existe bel et bien encore une demande pour un tel langage. Ce qui explique pourquoi les politiciens s’y aventurent. Il y a 2000 ans, la foule demandait du sang dans le Colisée. Aujourd’hui, la foule mauricienne demande à imposer sa suprématie généalogique (non-prouvée dans la plupart des cas) comme seul argument pour accéder au pouvoir.

      • 27 anaka

        Tout à fait d’accord, tu as raison de dire que ce n’est pas une raison pour ne pas faire les choses avancer plus vite…il faudrait qu’à ce niveau tous ceux qui souhaitent « déethnitiser » et décloisonner les mentalités mauriciennes mettent la patte et ça marchera. Ces démarches peuvent prendre la forme d’un blog comme le tien, de posts sur facebook, de réunions, d’associations, (je pense à des choses comme l’université populaire de Maurice où des débats échanges réguliers sont proposés. Mais le succès de telles entreprises est une certaine cohésion – faudrait pouvoir rassembler ces partisans du décloisonnement. Je pense qu’on a des armes et il faut les regrouper et les mettre en oeuvre et dire à nos politiciens : les Mauriciens ont évolué, on ne veut plus de vos « nou bann, voh, lot bann », etc. Je viens de lire les journaux en ligne et je suis mortellement désespérée par les attaques basses et racistes, arguments sectaires qui enflent en cette fin de campagne et les attaques contre la presse etc. bref, j’espère vraiment que les gens, surtout les jeunes utiliseront leur intelligence avant de voter 🙂 bj!

  11. @ La boîte de Pandore

    I haven’t read the manifesto of the major alliances yet. I think Alliance du Coeur mentioned creation of private TV stations. Does anyone know what’s the official stance of Alliance de l’Avenir on this?

    • I have linked the manifestos to both alliances in my latest update (l’écran de fumée). I personally don’t think private television is what the country needs in the short and medium term. Certainly it can’t be worse than the MBC, I’ll give you that. But when you see the level of « professionalism » of our two private radios? I tend to shy away from this idea.

    • 30 Stephen

      p78, « 15. Faciliter la création de chaînes de télévision privée. » with no further details.

      Private broadcasters does not automatically imply alternative televised news to that provided by the MBC. The broadcasting licence might not permit it. Just a thought.

  12. 31 Stephen

    @L’écran de fumée

    Personally, I think that the young, the educated and the middle-class (in this order) are changing their voting habits. The old-style politics being played by today’s politicians are clearly frustrating increasing number of voters who want to cast their vote based on policy and not religion and caste. While this change is to be welcomed, and will only continue in its progression, it leads those who typically analyse policies of the major parties and present its possible consequences on their behalf (i.e. the press) to draw a rather depressing conclusion, there is no difference.

    Of course, I don’t think this surprises anyone. Socialist parties in the West have moved to the centre, even centre-right, in response to the expansion of capitalism. The problem in Mauritius is that we don’t have a party of the right. Without an ideological alternative, the policy-based voter is left with no alternatives to choose from, and as was the case in the UK when Blair led the Labour party, is resigned to voting for personalities and presentation.

  13. 32 Dodo

    @L’écran de fumée

    Alle voter bann internautes:
    http://sansconcessions.wordpress.com/2010/04/28/vox-populi/

    Parett ki zis internautes mauve ki surfer…

  14. 33 Dodo

    Essaye sa oussi, who knows…

    http://kozelidir.blogspot.com/2010/04/participate-in-our-first-survey-on.html

    These are the most serious ones i’ve come across so far.

  15. 34 Bruno

    @Pour 15% de plus

    Il semble que chaque parti a délibérément abandonné certaines circonscriptions pour s’attaquer aux sièges dit marginaux ces derniers jours. Est-ce que le résultat BBR 40 – 20 MMM est final, ou y a t’il toujours la possibilité d’un MMM 33 – 27 BBR sous marin? On saura le 6 mai. Il semblerait que 2 franges importants de l’électorat ne suivront pas la tendance du « vainqueur »; ils iront surtout émettre un vote de protestation, et les menaces de « pas capav fer nanier pou twa si to dan loppozisyon » ne semblent nullement les affecter. Il me semble aussi que le MMM a pu mieux résister aux assauts des 3 derniers jours qu’en 2005, où c’était carrément la débâcle.

    Sinon, quelles sont les chances de Cehl Meeah ou de Shakeel Mohammed au no 3?

  16. 35 AKP (anaka)

    Les élections sont finies, j’ai eu l’occasion de faire le saut au pays pour voter et attendre les résultats. L’heure est aux constats et analyses, vivement le prochain texte 1132nd

  17. 36 Sky

    Maintenant qu’on sait, que va-t’on faire de Cehl au Parlement. Lui qui flatte que l’electorat du No.3 va bénéficier d’un salaire provenant des caisses de l’État. Apparamment, ces salaires vont être intégralement reversées à des associations caritatives: mais quelles associations – celles qui bénéficient à des Mauriciens de tous horizons confondus, ou bien ceux ayant le même profil socio-culturel que ceux des candidats du FSM?

  18. Je m’excuse pour le retard accusé pour mettre à jour cet espace. Je reviendrai bientôt clore ce chapitre avec des explication sur ce retard et basculer http://www.doublethink.tk en mode normal à nouveau.


  1. 1 Réf DT 29: L’art d’opposer « ~ www.doublethink.tk ~
  2. 2 Réf DT 34: La révolution n’aura pas lieu « ~ www.doublethink.tk ~

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