« L’incident »: Face-à-Face I

08Oct09

Ce que j’ai vécu ce matin mérite que je m’écarte de la ligne doublethink qui régit mes postes jusqu’ici. Et mérite aussi les foudres éventuelles de mon supérieur qui lira probablement ces lignes quelques minutes après qu’elles soient sur mon blog ! On vous a conté l’histoire. Hier, les policiers nous avaient donné un brin d’espoir en nous disant qu’ils étaient sur la piste de quelques suspects. Ce matin, je reçois un appel à 7 heures du matin, m’informant que 4 personnes ont été interpellées et qu’il fallait que je passe au poste pour les identifier. Efficace, la police !

Sauf que, une fois au poste de police de Terre-Rouge, nous sommes accueillis non pas par les policiers, mais par… les familles des suspects. En les longeant dans l’entrée, les « zot mem sa, zot mem sa » nous donnent une idée de ce qui nous attend. Selon nos dépositions préliminaires, deux d’entre nous avions déclaré pouvoir identifier nos agresseurs directs. La consigne du sergent était celle-ci : « répondez par oui uniquement si vous pouvez formellement identifier votre agresseur direct. Pour les autres, répondez non ».

A priori, ca semble simple. Mais une fois dans la salle, je me retrouve face – mais vraiment face à face – aux quatre suspects… et les familles de ces derniers ! Les mères et les sœurs et les frères me dévisageaient ! (Edit: Ceux-ci étaient présents car la plupart des suspects étaient mineurs). Celui qui m’avait agressé n’était pas parmi. Par contre, je suis convaincu que deux d’entre eux étaient parmi la bande. Je décide de répondre « non » avant de demander à faire un « further statement » dans lequel je désignerai les deux dont la tête me disait quelque chose. Mais voilà, on ne discute pas avec ces gens.

A peine avais-je mis les pieds hors de la salle, une mère soeur (Edit que j’ai appris par la suite à la radio) renverse une table et se met à insulter les policiers. Les parents dans le couloir se ruent à l’intérieur de la salle également, gênant les policiers qui voulaient entrer pour prêter main forte à leurs collègues. L’accrochage durera environ 20 minutes, des jurons et des coups fusant de tout part. Pendant tout ce temps, j’étais dans le couloir, un œil sur ce qui se passait à l’intérieur de la salle. Avant qu’un policier ne me lance « rent endan ou, pa les ban figir sale la trouv ou ! » Genre ils ne m’avaient pas suffisamment dévisagé lors de l’exercice !

Edit: J’ai oublié de mentionner que, une fois les suspects disculpés – n’ayant pas été identifiés ni par ma collègue, ni par moi – ils sont sortis et m’ont serré la main dans le couloir en me croisant. Niveau sécurité dans la station de police: hallucinant.

Il nous a fallu patienter une heure, avant que les policiers nous escortent à l’extérieur par la porte de derrière : les familles nous attendaient à l’entrée du poste de police. Nous avions rendez-vous au poste de police d’Abercombie cette fois-ci. Deux autres suspects ont été interpellés, dont l’un est passé aux aveux. Bonne nouvelle. A priori. Sauf que les portables découverts sur les suspects ne sont pas les nôtres. Déçus, nous avions en face de nous un nouveau problème: la famille nous avait suivi jusque là-bas ! Une fois de plus, il nous a fallu l’intervention de la police pour nous escorter à nos voitures. Sous le coup d’injures lancées à notre direction cette fois-ci.

En route, nous apprenons que toute cette aventure avait déjà fait l’objet d’une nouvelle sur les ondes de Radio Plus. Juste à ce moment, un journaliste de cette même radio me sollicite pour une déclaration. Ma réponse : « Ale ferfoute ».

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8 Responses to “« L’incident »: Face-à-Face I”

  1. 1 racyn

    Mo pas fine bien compran. Ki sann la mo sensé zouré la?

  2. wow.. faites attention.. je ne sais pas si vous etes au courant mais apparemment il y a la soeur de 17ans d’un des suspects qui a aggréssé des policiers..

    • 4 racyn

      Lol. Mais on était là. Elle fait partie des personnes qui criaient « zot mem sa, zot mem sa »!

      • d’accord! flippant tous ca. faudrait meme craindre pour sa sécurité a la station de police maintenant.

      • Serieusement, le pire dans tout ca, et je suis sur que racyn sera du même avis que moi: nous avons vécu ca pendant une demi journee et en sommes sortis tout retournés. Serieusement, imaginez ce que ca doit etre de travailler comme officier à ce poste de police…

  3. 7 ultramonaco

    MERDE, on vit vraiment dans un pays de merde y a pas à dire !!


  1. 1 “L’incident” : Pourquoi Maurice a besoin de Batman « ~ www.doublethink.tk ~

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