Réf DT 08: Ainsi va… le capitalisme

05Oct09

L‘expression est très imagée: quand l’Occident est grippé, Maurice éternue. Depuis quelque temps déjà, on nous parle d’une crise. Financière cette fois. Avec des gens qui perdent leur emplois à l’étranger. Et des institutions bancaires – de véritables institutions – qui s’écroulent. Inimaginable. Les pauvres. Au fur et à mesure que les angles des sujets s’essoufflent dans les médias, l’image finit par devenir plus claire.

Aujourd’hui, les avis sur cette nouvelle crise épousent ces principaux axes:
1. Ceux qui croient fermement aux indicateurs et à des signes de reprise (principalement les gouvernements).
2. Ceux qui ne sont pas totalement convaincus des indicateurs, mais savent qu’une reprise est inévitable et arrivera tôt ou tard (surtout les médias).
3. Ceux qui rejettent les messages cartésiens des indicateurs et pensent qu’on est toujours mal (l’opposition dans tous les cas).
4. Ceux qui voient les signes du début de la fin et prônent un changement idéologique du système économique (quelques théoriciens et auteurs de libre expression, dont Michael Moore).

De cet homme qui se dit documentariste, j’ai adoré Stupid White Men, été étonné par Bowling for Columbine, admiré Farenheit 9/11 et savouré Sicko, sans compter les nombreux clips vidéos de Rage Against the Machine ou encore System of a Down. Et aujourd’hui, on fait monter l’appetit en promettant le « meilleur de Michael Moore » à ce jour – Capitalism: a love story.

Gauchiste, Michael Moore n’a jamais baissé les bras. Mais aujourd’hui, cet homme fatigué semble vouloir mener son dernier combat:

Two years ago, he made Sicko to expose the horrors of private health insurance, only to see his showroom-perfect new President savaged in a losing battle for publicly funded health care. So last week, as Moore launched Capitalism: A Love Story at the Toronto International Film Festival, he threatened to take his marbles and go home: if the people aren’t going to rise up, he may quit documentaries altogether and do what he’s often been accused of doing all along—make fiction movies.
Brian D. Johnson / MacLeans

Car comme tant d’autres mouvements qui se sont éteints, Michael Moore a du faire face à la dure réalité: nous sommes en 2009, le peuple a été dressé en un troupeau de bétails dociles. La mondialisation n’épargne pas. Surtout à Maurice. Comme quand la chaîne Kentucky Fried Chicken s’est vue servir un ordre de fermeture pour non-respect des normes d’hygiène. Qu’est-ce qu’elle fait la population?

Au lieu de manifester devant les locaux du groupe qui représente l’enseigne, au lieu de lancer une campagne anti-commerçants-malhonnêtes-qui-abusent-de-la-confiance-du-consommateur, au lieu de mettre la pression pour que des sanctions soient prises et servent d’exemple, elle attend, les images de Zingers en tête et l’eau à la bouche, que les restaurants ouvrent à nouveau leurs portes… Ainsi va le capitalisme.

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4 Responses to “Réf DT 08: Ainsi va… le capitalisme”

  1. tres bon point dans le dernier paragraphe. la grande partie de la population mauricienne n’a pas de conscience je trouve et se laisse donc marchée sur les pieds..

    • Je pense que la population n’a jamais pu changer quoique ce soit en faisant entendre leur voix. Aucune manifestation n’a débouché à quelque chose de concret. Le bruit dans le rues reste dans les rues. D’ailleurs il faut demander la permission à l’establishment pour pouvoir manifester publiquement son mécontentement contre ce même establishment. C’est plus que de l’inconscience, c’est de l’impuissance qui se transmet de génération en génération.


  1. 1 Twitted by metroboy7

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