Réf DT 04: L’histoire version 2.x

27Sep09

Dans son roman 1984, George Orwell donne une illustration parfaite du concept que l’histoire n’est qu’éternel recommencement. Surtout quand les politiques s’en mêlent. Il y a quelques mois, le président russe, Dmitry Medmedev condamnait les « approches politisées » de l’histoire de la deuxième guerre mondiale, tel qu’elle est aujourd’hui contée dans les pays occidentaux.

Au même moment, des politiciens à Maurice – « retraités » et actifs – tentent d’imposer chacun leur version de la maigre histoire de 41 ans du pays. Histoire de reécrire le passé et tenter de remodeler le proche futur – les quelques mois avant les prochaines élections législatives – à leur guise. Ainsi, pendant que le MMM fête ses 40 ans, le PTr fête, lui, les 109 ans de la naissance du « père de la nation ». Une énième bataille dans la guerre politique entre ces deux partis.

histoire v2.x

Ainsi, à défaut d’une machination institutionalisée au plus haut niveau de l’état du scénario Orwelien, nous assistons à des « séances publiques » d’interpétations de l’histoire par ces mêmes politiques.  Ils racontent des épisodes connus ou méconnus de notre passé, saupoudrés de détails « behind the scenes ». Ils tentent ainsi de démystifier ou ériger en légende certaines personalités, vivantes ou décédées.

L’autorité de ces politiques lors de ces séances se justifie par le fait « qu’ils y étaient ». Néanmoins, une bonne partie de la population, ceux âgés de 40 ans ou plus, l’a aussi vécu. Toutefois, ils étaient de l’autre côté de la scène, soit dans le rôle de l’electeur. Profitant de cela, la réplique des politiques semble être « on ne vous aurait pas tout dit ». Et ils le prouvent en amendant chacun leur version de l’histoire. Des versions 2.x.

Comment s’en sortir dès lors? La véritable autorité – les historiens qualifiés qui feuilletent les archives depuis des décennies – dira uniquement « il n’y a pas d’histoire absolue. L’étude de l’histoire repose justement sur le fait de contextualiser les faits et de les interpréter, d’en débattre ». Il n’y aurait donc pas de vérité absolue, mais des « semi-vérités » .

Au final, ceux qui ont vécu ces « semi-vérités »  en tant qu’électeurs reposent leur réflexion et choix politique immédiat sur leurs expériences passées, mais sont tout de même ouverts aux amendements. Il faut bien se mettre à jour. De l’autre côté, la jeune génération de nouveaux électeurs se contente, elle, de ce qu’on raconte. Même si de manière sommaire. Mais voilà, il n’y a aucune version absolue sur laquelle cette génération peut bâtir ses opinions politiques. Une malléabilité des anciens comme des jeunes qui attire les « artisans d’opinion ».

L’occasion est ainsi trop belle pour les politiques. « He who controls the present, controls the past. He who controls the past, controls the future ».

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