Et si c’était elle..?

12Déc08

(Article écrit en mars 2008)

Et si c’était elle? Cela fait longtemps que personne n’a plus souvenir d’elle. Autrefois pourtant, on la vénérait, l’adulait, implorait sa protection. Mais aujourd’hui elle a disparu de la mémoire des mortels, sauf une apparition mercantile dans une référence populaire – une représentation de la vie en images mobiles fades sur celluloide. Si cette nouvelle génération de la race dominante a été introduite à la conscience de son existence, elle a vite été reléguée aux neurones peu actives de l’hémisphère gauche du cerveau de cette nouvelle race d’humains, qui n’ont rien retenu de leur passé et dont la seule quête est aujourd’hui la jouissance et la destruction de leur âmes. Oui, ce ne peut être qu’elle… Gaea.

Gaea

A dix heures le dimanche vingt cinq février, un message auditif voyageant par des ondes domptées par les hommes annonçait le décès d’un être. Contrairement à la douleur, tristesse et peine accompagnant une telle nouvelle d’habitude, plus de deux millions de personnes dans les îles Mascareignes se sont sentis soulagées, rassurées. Ils pouvaient enfin reprendre leur activité normale, mais surtout reprendre leur thrône d’être suprême, dominateur de la nature et de toute forme de vie, même dans leur petite île. Ils pouvaient enfin mettre derrière eux le seul phénomène qui avait essayé de retarder leur désir de destruction. Et dans leur impuissance, pour se rassurer, ils lui ont refusé la mémore, l’immortalité. Mais pire, ils lui ont refusé la vie.

Car et si ce phénomène était vivant? L’humain, dans toute sa sagesse auto-proclamée et ignorance confirmée, le traite inconsciemment ainsi, sans l’avouer. On lui attribue un nom: Gamede cette fois-ci. On parle de son parcours initiatique comme l’on parlerait d’un être vivant: une naissance, un baptême, une maturation, un affaiblissement et finalement une mort. Gamede est apparu entre le ciel et la mer, a parcouru quelques centaines de kilomètres à peine, avant de transmettre son dernier souffle aux vagues et au vent.

Un transfert d’énergie que les anciens appeleraient un ‘avatar’, une réincarnation violente d’un être supérieur, venu nous ramener à la raison, nous prouver que nous avons tort. Mais personne n’a compris son message, son avertissement. Ce message a été compris seulement des arbres et de certains animaux qui avaient été prévenus de la teneur de son discours. Ils l’avaient déjà comprise et lui avaient pardonnée. Ils se sont préparés à être mutilés, car l’être humain passait avant tout, c’est le privilège décidé des dieux. Elle aura quand même essayé.

A présent, Gaea est épuisée. Si les hommes n’ont jamais réussi à la détruire complètement encore, ils lui ont fait en vingt ans ce qu’elle aurait du vivre pendant plus de deux mille ans: vieillir. Elle va sûrement se retirer, se faire discrète, laisse faire ces êtres dit ‘humains’. Mais la corruption de la planète par ces derniers la poussera à revenir. Pour la Mère-Nourrice, c’est le plus grand combat dans laquelle elle a été impliquée. Elle reviendra, sous la forme d’un autre avatar, en espérant que dans leur folie les hommes la reconnaîtront enfin.

Qu’on l’appelle Gervaise, Hollanda, Gamede ou Humba, cela lui importe peu. Ces hommes lui auront donné des centaines de millions de noms au cours de leur brève histoire de deux mille ans. Et elle ne s’attend pas à ce qu’on la vénère à nouveau. Car la plus ancienne des déesses mérite plus que cela. Elle ne demande plus de sacrifices comme cela se faisait autrefois, mais elle demande seulement ce que tout dieu mérite: elle demande seulement à être respectée…

Gaea (Grec Gaia), la Mère Terre, la plus ancienne de divinités grecques. D’apres la cosmonogie grecque, elle surgit elle-même du Chaos et forma à son tour le Ciel (Uranus) les mers et les montagnes. Par Uranus, elle fut mère des Titans, Cyclopes et des Hécatonchires. Les Eringues, Géants et autres monstres sont également considérés comme ses enfants. Elle était la Mère-Nourrice universelle d’où découle toute vie et à laquelle toute vie retourne après la mort.

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